Une vétérinaire se distingue au marathon de Paris

Mis à  jour le mercredi 25 avril 2018 à 16:26
Notre consoeur Anne-Lise Rousset est une championne de trail. Notre consoeur Anne-Lise Rousset est une championne de trail. D.R.

Sport

Notre consoeur Anne-Lise Rousset (Toulouse 2013) a fait honneur à sa profession en terminant première Française du marathon de Paris, le 7 avril. Une prouesse d'autant plus remarquable que cette championne de trail courait là son premier marathon. Elle mène de front cette passion sportive et son métier de praticienne rurale, dans l'Aveyron.

La Dépêche Vétérinaire : Quel est votre parcours professionnel et où exercez-vous actuellement ?

Anne-Lise Rousset : Je suis diplômée de l'école vétérinaire de Toulouse en 2013, en approfondissement pathologie des ruminants. J'ai débuté à Saint-Flour, dans mon département d'origine, le Cantal, en clinique rurale, puis me suis installée à Rodez (12) dans une clinique mixte et exerce actuellement à Pont-de-Salars (12) en clientèle à dominante rurale.

D.V. : Quand avez-vous démarré la compétition sportive et quel est votre palmarès ?

A.-L.R. : J'ai débuté réellement la compétition tout en commençant à exercer en 2013. Je pratique le trail : de la course à pieds sur les sentiers et plutôt en montagne (avec un certain dénivelé). J'ai eu la chance d'être sélectionnée trois fois en équipe de France de trail 2015-2016-2017.

Côté palmarès, j'ai terminé deuxième de la coupe du monde de Skyrunning (trail en montagne) en 2016 et fait 5 podiums. Je ne cours que très peu sur route et mes performances avant le marathon de Paris étaient de 35 minutes au 10 km ; 1 h 15 au semi-marathon (3e du championnat de France 2017).

D.V. : Qu'est-ce qui vous a motivée pour participer au marathon de Paris ?

A.-L.R. : Le marathon de Paris est ma première expérience sur marathon. L'idée ne vient pas vraiment de moi mais de mon conjoint et entraîneur, qui m'a motivée pour l'aventure et la visite de Paris. Je me suis préparée pendant 2-3 mois sur le macadam avant de tenter l'expérience.

Je me suis entraînée sur un chrono de 2 h 40 minutes mais je savais que la tâche serait très rude... et elle l'a bien été ! J'ai débuté sur mes temps, jusqu'au 25e kilomètre puis ce fut la lente agonie. Les derniers kilomètres ont été bien difficiles !

Je boucle finalement ces 42 km 195 en 2 h 51 min. Une belle expérience mais j'ai bien hâte de retrouver les sentiers !

D.V. : Comment réussissez-vous à mener de front vos deux activités ? 

A.-L.R. : Ce n'est pas facile tous les jours. Au début, j'étais à plein temps en rurale, avec des astreintes tout en m'entraînant tous les jours, entre midi et deux ou le soir. J'ai tenu ce rythme 2 ans mais je sentais que la fatigue était réelle.

Quand vous êtes de garde la veille d'une CCC  (Courmayeur-Champex-Chamonix, course de 100 km) et dérangée toute la nuit par un vêlage, une colique de cheval et un chien, vous ne prenez pas le départ de la course très sereinement (expérience vécue... et c'était ma première colique de cheval à gérer).

Depuis 3 ans, je suis à 190 jours par an. J'arrive mieux à concilier ma pratique du trail et ma vie professionnelle. L'organisation du travail est plus souple, notamment pour mes compétitions, et j'ai un peu plus de temps pour m'entraîner. 

D.V. : Quels sont vos objectifs professionnels et sportifs ?

A.-L.R. : Côté professionnel, quelques changements vont s'opérer. Je vais travailler en Haute-Savoie, à Cruseilles, à côté d'Annecy, à partir de juillet. Toujours en clientèle mixte rurale. C'est une belle opportunité personnelle et professionnelle qui s'inscrit avec mon fort attrait pour la région avec un cadre exceptionnel pour la pratique de ma passion. 

Côté sportif, je vais participer au Golden Trail : un circuit de coupe du monde de trail en montagne avec trois courses magnifiques au programme : marathon de Zegama, marathon du Mont Blanc et Sierre-Zinal. Et pour finir la saison, je participerai à la CCC. Après il sera temps de ranger les baskets pour user les bottes !